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Bolivia
Les opérations d'ENRON dans la Bolivie
Pour la mémoire historique bolivienne, la SOC est étroitement liée à la Guerre du Chaco (1932-1935) qui confronta les peuples de la Bolivie et du Paraguay, où faisait ses opérations une autre grande entreprise pétrolière, la Royal Dutch SHELL. La guerre pour le contrôle des ressources pétrolières se solda par 50.000 morts du coté bolivien et par la perte de toute une génération de soldats paraguayens. En 1935, en plein conflit on découvre que la SOC avait construit un pipeline pour transporter du pétrole vers l'Argentine d'où -dont l'oligarchie qui avait des intérêts dans latifundia guaranis- déviée du gasoil vers l'armée paraguayenne. En 1937, suite à une longue démarche judiciaire, et à la pression du peuple bolivien, le gouvernement de Cnel. Toro se décide à confisquer tous les biens, concessions, matériaux et équipement de la SOC. Avec cela se consolida l'entreprise nationale du pétrole YPFB, avec le but de contribuer au développement national. Mais les capitaux nord-américains n'avaient de cesse avec leurs pressions et en 1952, ils réussirent à faire approuver des normes favorables pour la pénétration des corporations dans le secteur pétrolier (Code Davenport). Cette fois ci, les entreprises Glenn McCarthy et Gulf Oil Co. -sous-traitante de la même SOC- eurent droit aux concessions pour construire et opérer le gazoduc d'exportation vers le Chili. Projet qui les bénéficia largement jusqu'en 1969, année de la deuxième nationalisation du pétrole sous le gouvernement du Gral. Ovando et son ministre des mines et pétrole, le leader socialiste Quiroga Santa Cruz, qui par après devait être assassiné dans le coup d'état de 1980.
Le mécanisme nommé capitalisation dénote des opérations financières pour renforcer et élargir le patrimoine des entreprises au moyen des injections de capitaux provenant de la vente d'actifs, des nouveaux crédits ou des apports des nouveaux associés. En général il s'agit d'obtenir de l'argent frais pour élargir les opérations de l'entreprise. La capitalisation fut le mécanisme choisi par la Banque Mondiale, le BID, les Agences de Crédit à l'Exportation (OPIC et KFW) pour faciliter le processus de privatisation des entreprises publiques boliviennes. Selon ces promoteurs la différence entre capitalisation et privatisation résidait dans le fait que pour celle-là l'injection de capitaux frais n'impliquait pas la vente d'actifs au secteur privé mais, au contraire, un joint venture, une entreprise mixte dont la moitié resterait dans le giron de l'Etat. En plus, les apports des entreprises associées n'iront plus dans le trésor public de douteuse réputation. L'arrivée des corporations en plus devait garantir la transparence et efficacités des opérations. Tel le discours. Dans les faits: le processus de capitalisation de YPFB, spécialement
en ce qui concerne TRANSREDES fut entouré du secret, désinformation,
opacité, indices sérieux de corruption et trafic d'influences
que la Commission d'investigation mise en place au Parlement bolivien
depuis un mois, dévoile chaque jour. La capitalisation fut un processus
antidémocratique puisqu'il fut imposé au pays sans consultation
à la société civile, ni même au Parlement de
l'époque ; fut illégal puisqu'il viola la Constitution et
les lois pénales et de commerce. La Capitalisation fut dirigée par un puissant groupe économique constitué par COMSUR -dont l'actionnaire majoritaire était le président Sánchez de Losada (1993-1997)- la Banque Industriel S.A. (BISA) boliviennes et le CITIBANK et ENRON, américaines qui ont des liens très étroits entre elles. Elles ont participé aussi de la capitalisation de l'entreprise publique d'électricité, ENDE. En plus, CITYBANK associé à COMSUR dès 1970, est actuellement propriétaire de CITYTRUST BAHAMAS où par hasard est déposé le fruit de la capitalisation des entreprises du peuple bolivien : quelque 1.600 M de $US. D'autres opérateurs du même groupe furent nommés directeur su Système de Régulation, sorte d'arbitre entre les entreprises, l'Etat et le peuple bolivien. La participation de SHELL, pour sa part est aussi suspecte, puisqu'elle
fut appelée pour diminuer les critiques pour la présence
si dominante de l'ENRON. Or, le petit frère du ministre chargé
du processus, était occasionnellement le représentant de
SHELL en Bolivie. Le ministre de capitalisation Alfonso Revollo, convoqué
par l'impuissante justice bolivienne depuis deux ans, vit aux USA et fait
des expertises pour la Banque Mondiale. Violation des droits économiques, sociaux et culturelles des peuples
indigènes. Désastres pour l'environnement § Le Gazoduc Latéral Cuiabá, (août 1999-août 2001) a ignoré non seulement les droits des communautés affectées mais il a provoqué des conflits qui sont à l'origine des mobilisations, prises des campements, grèves civiques. Le projet a aussi entamé un processus de destruction de la Forêt Chiquitana, un écosystème riche en biodiversité, vierge, unique au monde. La construction des chemins d'accès, le droit d'abattage aux cotés du gazoduc condamne la Forêt en déclenchant la pénétration des entrepreneurs pirates avec les conséquences connues de dégradation. En même temps, ENRON et SHELL se sont refusés à admettre la participation directe des communautés et organisations indigènes dans l'Administration du Plan de Conservation de leur Forêt ancestral qu'ils ont géré de façon admirable jusqu'à l'arrivé des corporations. ENRON-SHELL a crée de toutes pièces une " Fondation pour la préservation de la Forêt chiquitana " qui exclue carrément les Indiens aux niveaux de décision, ignorant l'Accord 169 de l'OIT, élevé au statut de Loi de la République. Or, encore par hasard, le principal opérateur de cette Fondation est le frère du sous-chef du MNR, le parti qui a capitalisé la Bolivie. Même si les organisations indigènes ont entamé une longue bataille juridique et une campagne de dénonciation et l'ont gagné dans les instances régionales, les groupes de pouvoir bloquent les arrêts judiciaires et ministériels. L'entretien insuffisant des pipelines -TRANSREDES, sous-traitant d'ENRON-SHELLL, n'a presque pas destinés des ressources pour cette tâche- a provoqué au moins 12 dénonciations et requêtes, incluant fugues du gaz, déversements du pétrole, entre février 1997 et décembre 2001. § Le plus grave, en janvier 2000, fut celui de l'oléoduc Sica Sica-Arica : 29.000 barils de pétrole se sont écoulés tout au long des 270 Km dans les eaux du fleuve Desaguadero et dans le lac Popóo, agressant 120 communautés aymaras et quechuas et polluant les eaux de consommation humaine, animale, détériorant les sols agricoles, les pâturages, la faune aquatique, essentiels pour la sécurité alimentaire de plusieurs provinces du haut plateau bolivien. La corporation occulta et faussa l'information et par après elle n'accepta pas l'étude de compensation et la sentence de l'autorité de l'environnement. TRANSREDES, sous-traitant d'ENRON-SHELLL, promut la division des organisations paysannes, au moyen de son département des Relations publiques, rebaptisé Relations communautaires. § En juillet de la même année, l'oléoduc Cerrillos-Choretí, dans le sud-est du pays, éclata et les produits se déversaient dans le fleuve Parapetí, affectant des centaines des familles guaranis qui vivent en étroite interdépendance de l'unique source d'eau de la région. TRANSREDES distribua 30 litres d'eau par famille tous les deux jours, refusant toute étude d'impact sur l'environnement et sans aucune considération pour la dignité des communautés et encore moins de la nature.
Par rapport aux impôts, il faut signaler quelques irrégularités du processus dont les conséquences sont démesurées. Pour " stimuler les investissements " n-est-ce pas, les impôts aux corporations furent descendus de 33% au 18%. Comme ceci n'était pas suffisant, on a fait passer des champs pétroliers prouvés découverts par YPFB (qui payaient 50% de contributions) dans la catégorie des champs probables (grevés seulement à 18%). C'est ainsi qu'on a fait cadeau des champs de San Alberto et San Antonio, les plus grandes réserves de gaz du continent. Comme rien n'est jamais assez, des pratiques d'évasion fiscale de la part d'ENRON-SHELL ont été dénoncés, sans suite, à cause de la faiblesse voulue des Super intendances, dépendantes du Système de Régulation. C'est dans ce contexte qui se met en place le méga projet d'exportation du gaz bolivien vers la Californie américaine : Pacific LNG. Des activités de dénonciation et résistance, même
si limités dans ses résultats, ont de toute façon
alerté l'ambassade américaine et les organisations globales
(BM,FMI) puisque elles sont en train de dessiner une modification beaucoup
plus néo-libérale de la Constitution, de la loi de l'environnement
et de la Loi d'Hydrocarbures. Tout se fait, naturellement, en absence
de la société civile, et la discussion est restreinte aux
partis du système politique, opérateurs du modèle
: MNR, MIR, ADN, NFR. |
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