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Introduction aux agences dassurance-crédit
à lexportation: Création de risque, génération
de dette et garantie de destruction de lenvironnement.
« Il existait une vive inquiétude parmi les membres de
la Task Force face au manque de normes environmentales appliquées
aux activités de développement des agences bilatérales
de prêts commerciaux et de crédit. A quelques exceptions
notables près, les exigences concernant lévaluation
environnementale imposées aux agences daide bilatérales
des membres du Comité daide au développement ne sappliquent
pas aux branches commerciales du financement gouvernemental bilatéral.
Pratiquement chaque membre a cité des exemples où le manque
de planification environnementale adéquate dans les projets financés
par de telles organisations avait crée des problèmes écologiques
et sociaux significatifs. Lavis était que les dommages environmentaux
résultant de telles entreprises étaient beaucoup plus importants
que les dommages crées par un manque de cohérence parmi
les bailleurs de fonds bilatéraux. » (OECD Development Assistance
Task Force Report : Coherence in Environmental Assessment Practical Guidance
on Environmental Assessment for Development Co-operation Projects, May
1996).
Limpact des Assureurs-Crédit sur le développement
et lenvironnement
Alors que nombre de citoyens connaissent les institutions globales célèbres
telles que lOrganization Mondiale du Commerce, peu connaissent les
organisations plus obscures, mais dinfluence égale, connues
sous le nom dagences dassurance-crédit à lexportation
(Assureurs-Crédit). Les Assureurs-Crédit des grands pays
industrialisés pourraient maintenant être considérés
comme la catégorie dinstitutions publiques la plus importante
au monde de la finance internationale. Depuis quelques années les
Assureurs-Crédit des pays appartenant à lOrganisation
pour la Coopération et le Développment Economique (OCDE)
tels que les Banques dimport-export des Etats-Unis et du Japon,
Hermes guarantee en Allemagne, la COFACE en France et SACE en Italie ont
subventionné presque 10% du commerce mondial, approchant une valeur
annuelle de 500 milliards de dollars en exports soutenus par des prêts,
des garanties et des assurances gouvernementaux. Les prêts à
plus long terme et les garanties des Assureurs-Crédit de lOCDE
ont été multipliés par quatre entre 1988 et 1996,
de 26 milliards de dollars à 105 milliards de dollars par an. Plus
de la moitié de ces prêts et garanties, au moins 50 milliards
de dollars par an, a été affectée à des projets
dinfrastructure importants dans des pays en voie de développement,
plus que la totalité des fonds investis par toutes les agences
daide bilatérale et multilatérale. Un nombre significatif
de ces projets tels que les barrages et les installation de production
dénergie de grande envergure, les activités minières,
les routes dans des forêts vierges tropicales, les oléoducs,
les installations chimiques et industrielles, les projets de sylviculture
et de plantation pour nen parler que de quelques-uns uns, ont des
impacts sociaux et environnementaux très graves. Pour la plupart
les Assureurs-Crédit nont aucun mandat de développement
ni dobligations en ce sens, cependant ils constituent la plus grande
partie de la dette dans les pays en voie de développement, soit
en 1996 quelque 24% de la dette totale et 56% de la dette auprès
des agences officielles.
Les Assureurs-Crédit manquent de politiques et de standards communs
de base dans les domaines environnementaux et sociaux
Comme lindique
les conclusions du rapport de OCDE cité ci-dessus, il existe un
contraste frappant entre les politiques des Assureurs-Crédit orientées
presque exclusivement vers la promotion des exportations et
celles des agences daide au développement et des banques
multilatérales de développement, telles que le Groupe de
la banque mondiale. Tandis que les agences daide bilatérale
et les banques multilatérales de développement ont adopté
des procédures environmentales et sociales détaillées,
la plupart des Assureurs-Crédit et des agences publiques dassurance
ont peu, et souvent aucunes, normes dans ces domaines. Par conséquent,
les mêmes pays qui ont approuvé des politiques environnementales
et sociales pour leurs agences daide et pour le Groupe de la banque
mondiale, les subvertissent à travers leurs agences dassureurance-crédit.
La création de risque dans une course vers le fond
Les Assureurs-Crédit
se font une concurrence acharnée, et sont rapides à soutenir
des projets que dautres banques de développement et même
dautres Assureurs-Crédit ont refusé pour des raisons
environmentales ou sociales. Ceci mène à une course
vers le fond qui encourage labsence ou labaissement
des normes. Lexemple le plus connu est celui du barrage chinois
des Trois Gorges, où en 1996, les Assureurs-Crédit allemand,
suisse et canadien se sont fait la course pour financer un projet que
la Banque mondiale et la Banque américaine dimport-export
avaient refusé de soutenir à cause de problèmes environnementaux.
Actuellement une opposition croissante en Chine appelle à la réduction
et même à larrêt de ce projet gigantesque dont
les coûts de construction dépassent les plusieurs milliards
de dollars et mènera au transfert forcé de 1,8 million de
personnes.
Le G8 appelle à ladoption de normes environnementales communes
Depuis quelques années, des ONGs environnementales, des parlementaires
progressifs et quelques gouvernements ont commencé à demander
que tous les Assureurs-Crédit adoptent des politiques environnementales
et sociales communes. En mai 1999 les ministres de lOCDE ont demandé
que les Assureurs-Crédit continuent « à renforcer
des approches environnementales communes » et rendent compte du
progrès achevé lors de la prochaine réunion du Conseil
des Ministres au printemps 2000. Le Communiqué du G8 de 1999 est
allé beaucoup plus loin, déclarant que «nous travaillerons
au sein de lOCDE vers des directives environnmentales communes pour
les agences de crédit à lexport. Nous espérons
compléter ce travail pour la réunion du G8 de 2001. »
Mais les Assureurs-Crédit refusent dentreprendre des actions
significatives
Les Assureurs-Crédit de lOCDE se sont
réunis à Paris du 24 au 25 février 2000, en session
spéciale sur lenvironnement. Elles devaient essayer de trouver
un accord au sujet de leurs engagements pour répondre aux exigences
des ministres du G8 et de lOCDE. Dans labsence dun contrôle
et dune pression internationale suffisante, cependant, les Assureurs-Crédit
semblent chercher des moyens déviter des modifications sérieuses
de leurs approches. Jusque-là ils nont pu se mettre daccord
que sur un échange dinformation environnementale au sujet
de projets particulièrement désastreux et dans lesquels
plusieurs Assureurs-Crédit sont impliqués. Par ailleurs,
certains tentent de suggérer que le simple échange dinformation
et un intérêt symbolique pour les questions environnementales
au niveau le plus superficiel constitue « des principes directeurs
environnementaux communs ».

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